Pari racial
La ségrégation raciale apparaît dès 1865 aux Etats Unis et en Afrique du Sud. Elle séparait les personnes de couleur différente dans leurs activités et dans tous les actes de leur quotidien. Elle dictait même les rapports humains. En 1954, la Cour Suprême la déclare inconstitutionnelle. Au cours des vingt années suivantes, elle disparaît officiellement.
Cependant, le terme de race reste aujourd’hui d’usage dans certains milieux, et le racisme se manifeste encore sous des formes plus ou moins directes.
De nos jours, on parle d’un racisme « à l’envers ». L’appellation même de racisme « anti-blancs » est contestée, la spécification de couleur n’étant pas nécessaire. Quelles que soient les personnes concernées, le racisme est le même.
Ce projet photographique traite de cette question de manière fictive, afin d’éveiller les consciences.
En effet, l’utilisation de la fiction photographique permet d’actualiser et de transposer ce qui a pu se passer dans les années cinquante, en mettant en scène des situations banales à cette époque, mais qui restent choquantes aujourd’hui encore. Les bourreaux sont devenus victimes, les rôles sont inversés. Illustrant certains stéréotypes actuels, et en les inversant, les images racontent l’histoire d’une ségrégation qui existerait aujourd’hui à Paris. Elles visent à montrer l’absurdité de la ségrégation. Si la situation était inversée, comment réagiraient les personnes concernées ? Et dans l’idéologie commune, serait-il plus révoltant de voir un blanc, plutôt qu’un noir, victime de racisme ?
Ce projet est donc traité sous forme de reportage fictif. La démarche photographique a pour but la réalisation de mises en scène qui pourraient être réelles, comme s’il s’agissait de scènes volées au quotidien. Ainsi, cette approche d’un « fictif-réel » peut éveiller et alerter certaines personnes, qui baignent dans ces stéréotypes et préjugés raciaux.
Biographie
Hélène Moreau, 22 ans, a grandi dans un quartier populaire. Elle commence des études d’arts plastiques dès le lycée, puis à la fac, qui lui font découvrir la photographie. Elle choisit ensuite de consacrer une année aux voyages tout en prenant des cours de laboratoire noir et blanc. Dès lors, elle rentre en école de photographie où elle trouve son inspiration chez les grands photographes de rue américains des années cinquante à aujourd’hui.




