Caroline AZAMBOURG

Girls and Giggles

On oublie trop souvent l’origine du mot anglais pin-up. Littéralement, « qu’on accroche ». Oui, ces filles accrochées aux murs pour le plaisir de ces messieurs.

C’est dans les années 1930 que les pin-up explosent, représentantes du plaisir simple et de la féminité absolue. Les courbes arrondies et les formes généreuses de ces icônes les hissaient au rang d’ultime objet de fantasme éternel et de fascination érotique. Un érotisme suggéré, aguichant mais jamais aguicheur.

La pin-up, hors des clichés véhiculés, était une femme qui assumait sa sexualité, soit – peut-être – une forme de féminisme avant-gardiste qui a toujours fasciné. « Toujours », en tout cas chez les adeptes contemporains de ces demoiselles, car la mode a changé, et la pin-up n’est plus qu’un souvenir de l’American way of life, trop souvent associée à un stéréotype « passé » dont l’utilité à pour seul but d’aguicher de vieux désirs d’antan.

Caroline a décidé « d’épingler » plusieurs pin-up d’aujourd’hui, esclaves de la représentation que l’imagerie fait de la femme actuellement. Les bons vivants n’ont plus leur place dans ce monde, et malgré le soupçon de féminisme qui reste en chacune d’elles, la mode de la maigreur les fait tomber dans leurs vices obscurs.

C’est essentiellement par la photographie que la pin-up a été popularisée, il était donc essentiel d’y revenir. Rendre hommage à la photo par la photo. Caroline se réapproprie la grammaire visuelle de cet univers, toujours avec une pensée pour Helmut Newton, Guy Bourdin et David Lachapelle, ses inspirations principales.

Elle choisit de remplacer la joie par la misère, comme une manière de se lever pour faire entendre ses pensées.

Caroline brise la barrière femme/pin-up – réel/irréel, en transposant son imagerie teintée de rockabilly, de rétro, et de sa fascination pour le célèbre modèle Betty Page, dont la frange brune a définitivement modifiée sa vie.

Biographie

Caroline ne vit pas avec son époque. Son passéisme l’emmène souvent au-delà du présent, vers la nostalgie d’un esthétisme obsolète, parfois plus subtil et plus original que le présent. « Le mélange des temps », donc.  Car elle a bien compris que c’est grâce au passé que le futur se fait. « Je suis passée pour être présente dans votre futur ».

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